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Iaido Aikido à Bruxelles


Iaido Aikido Bruxelles / image 90

 

L’échoppe d’un libraire



SIX MAITRES DE L’ESTAMPE JAPONAISE AU XVIIIe SIÈCLE

Présentation d’une exposition à l’Orangerie des Tuileries (Janvier 1971) par Marie Mathelin

iaido aikido


L’estampe japonaise appartient à l’école dite Ukiyo-e. Cette école est l’aboutissement d’une peinture de genre apparue à la fin de la période Ashikaga (XVe-XVIe s.) et qui s’est poursuivie jusqu’au début des Tokugawa (XVIIe s.). Œuvre de peintres du commun, souvent anonymes, destinée à une classe de la bourgeoisie marchande nouvellement enrichie, la peinture de genre répondait à ses goûts. Elle dépeignait la vie de tous les jours, mêlant dans une description vivante et souvent truculente toutes les classes de la société, leurs divertissements, leurs fêtes et leurs danses, leurs occupations à la campagne comme à la ville. Le mot Ukiyo-e (de Uki = flotter, yo = monde, e = image) apparaît pour la première fois vers 1661, dans un ouvrage intitulé Ukiyo Monogalari (« Récit du monde flottant »). Son auteur définit ainsi le terme Ukiyo : « Vivre seulement dans l’instant présent, contemplant la lune, la neige, les cerisiers en fleurs, les feuillages ‘automne, goûtant le vin, les femmes, les chants, en somme, emporté par le courant de la vie comme une gourde flottant dans le courant de la rivière. »iaido aikido


Ukiyo a donc perdu ici son sens bouddhique primitif qui désignait ce monde de misère et mettait l’accent sur la nature transitoire de la vie humaine, pour ne plus signifier que l’amour insouciant des amusements et des plaisirs, uniquement occupé du présent : le monde « élégant », « à la mode », « éphémère ».iaido aikido


L’estampe du XVIIIe s. sera axée essentiellement sur deux sources. D’une part, le monde des plaisirs, celui des quartiers « réservés » (dont le plus important, à Edo – actuelle Tokyo-, est le Yoshiwara), avec des scènes de galanterie et les portraits des courtisanes célèbres, auquel s’adjoint peu à peu la peinture de la vie quotidienne, jeunes femmes dans leurs activités familières, scènes d’intérieur et de la rue… D’autre part, le monde du théâtre, portraits d’acteurs, lourds athlètes, champions de la lutte japonaise (sumô)… Il s’agit alors du théâtre Kabuki, qui a pris naissance à Kyoto dans les premières années du XVIIe s. et se distingue du nô traditionnel par son répertoire de drames historiques ou modernes, aux intrigues complexes et au réalisme violent.aikido


Dessinée par l’artiste qui en indique seulement les contours, gravée sur bois de fil (le plus souvent du cerisier), puis imprimée sur papier très absorbant (mâsa ou hôsho, ce dernier de plus belle qualité), l’estampe est une œuvre collective. Que vaudrait le croquis de l’artiste sans la virtuosité du graveur qui l’interprète avec intelligence dans ses moindres détails, corrigeant même parfois le contour d’un visage ou les traits fins à la racine des cheveux, et sans l’habileté, le bon goût de l’imprimeur qui composera les couleurs, les distribuera avec exactitude, parvenant à rendre en demi-teintes délicates la transparence de tel ou tel tissu ? Enfin, vient l’éditeur qui seul doit être capable de financer la mise en œuvre d’une commande, en payant pour l’artiste des graveurs et des imprimeurs de premier ordre. Ci-après, 6 mâitres de ce siècle :aikido


Suzuki Harunobu iaido


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L’œuvre principale de Suzuki Harunobu s’étend de 1764 à 1770, date de sa mort. Considéré comme l’un des plus grands maîtres de yukiyo-e, il a sur ses devanciers l’avantage d’une technique nouvelle et plus complexe. En effet, dans les années 1764/65 un cercle d’amateurs, dont il est, fait passer l’estampe de deux ou trois couleurs, dite benizuri-e, à celle de nombreuses couleurs dite nishiki-e (nishiki = brocart, tissu fait de fils de soie de multiples couleurs). Avec les estampes calendériques de 1765, les couleurs apparaissent plus intenses, plus vigoureuses et sont rehaussées par la gravure en relief. Les œuvres d’ Harunobu sont souvent des transpositions de légendes chinoises ou japonaises ou font allusion à des faits historiques connus. Elles nous font entrer dans l’univers de la jeunesse, du jeu, de la femme-enfant, monde fragile, un peu irréel, qu’exalte la délicatesse des lignes, la fraîcheur de l’instant vécu, la poésie du quotidien.aikido


Torii Kiyonaga aikido


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Torii Kiyonaga (1752-1815) brille surtout dans les années 1780-1800, avec ses représentations élégantes des « Beautés à la mode » (bijin). Ces belles jeunes femmes à la taille noble et élancée, à la démarche aérienne, aux visages pleins et juvéniles, vêtues de kimonos brillants aux plis souples et aux manches flottantes, s’insèrent harmonieusement dans le cadre où elles évoluent. Il y a en elles, en plus de la beauté corporelle, quelque chose de spirituel qui manque à Utamaro et qui traduit une vision du monde fraîche et lumineuse. Kiyonaga nous offre, ainsi, un aperçu vivant des quartiers de plaisir de la ville d’Edo, à une époque de cataclysmes pour le Japon (inondations, sécheresses), qui voit son peuple réduit à la misère et au pillage.


Kubo Shunman iaido


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Les estampes de Kubo Shunman (1757-1820) et les sujets qu’il traite sont d’un poète raffiné. Elles ont un charme particulier et expriment une émotion inhabituelle dans yukiijo-e. La calligraphie du trait simplifié a moins d’importance que chez ses contemporains. L’harmonie de ses gris argentés et de ses noirs profonds est bien connue et n’appartient qu’à lui, tout comme la sobriété de ses couleurs peu nombreuses et délicates.aikido


Kitagawa Utamaro aïkido


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Kitagawa Utamaro (1753-1806), qui fréquente beaucoup les maisons de thé du Yoshiwara, est par excellence le peintre de la femme. Nul mieux que lui n’en a observé la plénitude des formes, la diversité des poses et des attitudes, les occupations multiples. Les corps s’allongent, les lignes s’assouplissent et il atteint le sommet de son art par l’expression des visages triomphants ou lassés et par le traitement des chairs féminines, notamment celui des nus, rarement abordés jusqu’alors par la peinture japonaise. Dans ses belles compositions très équilibrées, dans ses portraits en buste, l’importance du trait calligraphique est telle que, même lorsque les couleurs ont pâli et disparu, la beauté du dessin subsiste.iaido


Tôshûsai Sharaku aikido


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Tôshûsai Sharaku apparaît soudain au 5e mois de 1794 pour disparaître quelques mois plus tard, au début de 1795. Durant ce court laps de temps, il exécute plus de 140 estampes, pour la plupart, portraits d’acteurs de Kabuki, dans leurs rôles masculins ou féminins (onnagata). Dès ses premières œuvres, il atteint d’emblée l’apogée de son talent. Il concentre l’intérêt sur les visages qui révèlent à la fois la personnalité propre de l’acteur et celle qu’il revêt dans son rôle. Art sobre, viril, d’une grande richesse psychologique, en dépit de la simplicité des moyens employés, il saisit l’expression de l’acteur au moment où celui-ci arrive à un paroxysme de passion, se figeant en une pose dramatique, les membres tendus, les yeux louchant et la bouche convulsée. La subtilité de la composition colorée accentue encore le caractère des personnages. iaido


Katsukawa Shunshô aikido


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Katsukawa Shunshô (1726-1792), que l’on a choisi pour faire équilibre au précédent, possède du théâtre un champ d’observation plus large. Ses acteurs sont représentés sur scène, mais aussi dans l’intimité des coulisses et des loges, cadre sommaire qui constitue une documentation précieuse sur l’organisation du théâtre de cette époque. Ses reportages de la scène, aux couleurs profondes (il excelle dans les bruns et les noirs), aux groupements simples et harmonieux, sont plus variés, si toutefois ils n’ont pas la vigueur et l’originalité des portraits de Sharaku.iaido & aikido



 

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